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L’affaire Nicolas Sarkozy

Il devient de plus en plus dure pour le président de se faire oublier sur le net. Après l’étonnante affaire de la duplication de discours, le voici au coeur d’une bien étrange situation. Pour l’anniversaire du mur de Berlin, le président s’est adressé à ses « fans » sur Facebook pour partager ses « souvenirs ». Une attention on ne peut plus louable si ce n’est que les faits tels qu’ils sont décris ne semblent pas coïncider avec la vérité historique. Depuis, c’est la déferlante sur Internet, que ce soit de la part de journaux (libé, le monde..), d’internautes et même votre humble serviteur s’est prêté au jeu.

I L’affaire

Tout commence par un post innocent sur le mur de la Fan Page du président :

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Preuve à l’appuie, cette photos prise avec Alain Juppé. Jusqu’ici tout va bien, et utiliser les médias sociaux de cette sorte est plus que louable. On partage un souvenir.

Puis, c’est Alain Auffray, journaliste à libération, qui ouvre les hostilités sur son blog. Et là, tout part en cacahuète et les médias reprennent l’affaire.

Le matin du  9 novembre, personne à Paris – ni même à Berlin -  ne pouvait soupçonner que le mur allait tomber. les radios et télévisions ouest-allemandes n’ont commencé à évoquer la « libre circulation » qu’à partir de 20h.

Dès lors, les journaux en ligne s’attaquent au phénomène :

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Le tout conforté par cette interview parue dans le nouvel obs, de Michel Rocard, alors premier ministre, qui vient contredire la véracité des propos du président.

Est-ce que vous anticipiez une telle rapidité dans l’effondrement de l’Europe de l’Est ?

- Une telle rapidité était complètement surprenante. On sentait une crise, une déstabilisation qui aurait aussi pu déboucher sur un durcissement autoritaire. Mais Gorbatchev avait envoyé des signes pour dire qu’il ne voulait rien de tel. Il avait publiquement annoncé qu’il ne voulait plus faire sortir les chars pour soutenir les régimes en difficulté. La question était de savoir s’il allait être obéi.

Enfin, l’on retiendra cette video du post remettant en images animées les principaux événements :

II La riposte des Internautes

Evidemment, comme dans de nombreux cas, l’attaque est venue de twitter. Le hashtag #NicolasSarkozyPartout a commencé à circuler, et le leitmotiv était « Sarkozy était dans tous les événements historiques ». Dès lors, les « Sarkozy était à Nazareth le 25 décembre » et consors ont fleuris sur le web. Puis il y a eu les photomontages dont votre humble serviteur s’est tenté :

Sarkozy libère les hébreux :

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Sarkozy à la remise du prix nobel de la paix :

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Enfin, ma préférée, Mr Sarkozy à Yalta trouvé sur le concours du  Post.fr

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III Et alors?

Et alors, que faut t il faire dans un tel cas?

Généralement, on change l’article, ou on fait un communiqué. Hors, il est 21h et des brouettes, et rien n’a été fait en ce sens. Les commentaires ne sont même pas modérés :

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Mais on ne fabrique de faux témoignages. Surtout quand vous savez que la presse va s’emparer de l’affaire.  Voir cet article très  bon de libération :

Un récit dans lequel les dons prémonitoires de Peretti impressionnent: «On avait été informés du moment où cela allait se passer. C’était Juppé qui avait eu un contact. On était (avec lui) à une réunion du RPR et on s’est dit qu’il fallait à tout prix faire quelque chose. On a bouclé l’opération dans les 48 heures».

En cas de bad buzz, il faut réagir dans l’instantané, ne pas laisser le web s’emparer de cette histoire. Faire un contre commentaire, présenter ses excuses en prétextant un je ne sais quel trop de boulot, mettre son stagiaire chargé de communication au pilori… bref, réagir.

Lorsque l’on voit  toute la folle journée, que vous pouvez suivre le fil rouge de 20 minutes , on s’apperçoit qu’il y a  eu un vrai problème de communication.

Lundi 9 novembre 2009, 9h L’Elysée riposte
«Ce qui a été relaté est la stricte vérité», rétorque-t-on à l’Elysée. «Nicolas Sarkoy ne dit pas que le mur va tomber, seulement qu’il a des « informations » sur un « changement » à Berlin».

Conclusion

La conclusion vient du blog du monde, les Décodeurs : Nicolas Sarkozy n’était pas à Berlin le 9 novembre.

Niveau communication, nous aurons donc tout eu :

  • Une fausse annonce
  • Des déclarations soutenues par l’Elysée (premier faux pas)
  • Des déclarations toujours présentes, sans mots d’excuses et non modérées sur la fan page du président
  • Des témoins suprises
  • Des témoins dont la mémoire fait du Yo-yo
  • Une confusion totale et une communication qui s’enlise

Chez Buzzpolitique, nous pensons qu’il y a vraiment eu le cas typique même d’un echec de communication.

  • Pourquoi un chargé de blog peut il réécrire l’histoire? N’y a t il pas de hierarchie?
  • Pourquoi n’avoir pas réagit sur Facebook directement?
  • Pourquoi l’Elysée a t elle enfoncée le clou ?
  • Pourquoi les amis politiques de Mr Sarkozy se sont ils eux même jetés dans un piège, sachant la horde de journalistes qui allait fouiller le moindre détail.

Le meilleur exemple sur Facebook, c’est l’attitude de son président, qui n’a pas hésité à présenter ses excuses pour diverses affaires.

Communiqué sur le web, pas si simple non?

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