Tout commence par un tweet, anodin de Laurence Ferrari, présentatrice du journal télé de TF1, qui va déclencher une sorte de mini guerre des fake toute gentillette. Au delà de cette simple gueguerre humoristique, un constat terrible saute aux yeux. Deux personnes se chamaillent sous une fausse identité numérique, et le PS ne fait rien. Deux comptes Martine Aubry … un peu comme si deux clones de Nicolas Sarkozy s’engueulaient devant les médias à coup de gentillettes taloches pendant que le vrai sirotait des cocktails à la maison. Qui est le vrai, qui sont les faux?
I) L’histoire
Au départ donc, il y a ce tweet :
Sur quoi, un fake de Martine Aubry répond :
Puis réponse de Laurence Ferrari
Un tweet tout simple mais qui va lancé pas mal de bruit autour de @martine_aubry (bleu) et @martineaubry (rouge) , qui sont tout deux des fakes. Et c’est la « guerre », ou plutôt une sorte de moquerie commune :
Au final, Laurence Ferrari, devant l’hilarité des internautes ne peut que remettre en question son constat :
Et de finalement :
Alors le propre de cette histoire? Laurence Ferrari a été jusqu’à appelé le PS … les Fake ne sautent pas forcément aux yeux de tout le monde
II) Ce qu’il faut en retenir
Imaginez maintenant deux secondes au delà de cette blague. On se doute que ce n’est pas Laurence Ferrari qui tweet, mais un « stagiaire puni », pour reprendre ses termes. Maintenant, si tout le monde avait fait silence, lui répondant « oui c’est son compte officiel, tenu par un stagiaire » le compte twitter serait passé au JT de TF1 ce soir comme le compte officiel de Martine Aubry.
Imaginez maintenant que la majorité des gens ne sont pas forcément capable de faire la différence entre un fake et un compte officiel (il nous manque encore les fameuses pastilles en France). Ils iront se connecter, pour tester twitter, directement à un fake, recevront des tonnes d’informations fausses voir plus :
« Tu te rends compte, hier sur Twitter Martine Aubry a avoué qu’elle était la soeur de Ségolène… »
Le phénomène de faux profil est dangereux s’il est usé à mauvais escient. Là, heureusement, ce ne sont que de gentilles blagues. Mais, il est grand temps que les politiques fassent le ménage, créent des comptes officiels, reconnus sur leurs sites personnels et communiqués aux journalistes.
III) Les motivations
Un autre fait intéressant dans cette histoire, est le lien vers le blog de @martine_aubry qui explique pourquoi avoir crée un faux profil. Quelques citations
- « j’étais énervée par la communication crasse du PS et de sa première secrétaire »
- « J’ai tout de suite donné les clés à deux camarades, blogueurs politiques influents »
Mais le plus intéressant reste leur méthode pour attirer des gens dans leurs filets (1 100 followers tout de même)
- en suivant en masse les followers de quelques personnalités politiques ou quelques journalistes
- Il faut dire qu’on arrive à être tellement crédibles dans l’outrance (reprendre mot pour mot les tweets de victoire d’une tête de liste PS aux Européennes, fallait oser…) qu’au bout d’un moment plus personne ne sait vraiment.
Et le buzz a prit. Incroyable non? On est enervé, on ouvre un compte avec deux trois amis pour en rire, on fait quelques copié collé et on finit avec 1 100 followers… (Benoit Hamon, en version officielle, en est à 4000, quant à Laurent Fabius… 900 )
Pour finir, il semblerait que l’équipe du PS ai demandé à récupérer le compte
Et un jour, un gars qu’on connait à Solférino nous dit qu’il aimerait bien récupérer le twitter de Martine. Tu m’étonnes : plus de 1000 followers qui ne demandent qu’à y croire (pour la plupart), c’est pas rien.
Le compte a été ouvert en mars, ils ne le récupèrent que 6 mois après… que de dégats… regardez sur Google
Conclusion
S’il semble que le twitter de @martine_aubry va être cédé, on peut se demander si la mémoire du web arrivera à oublier que ce compte fut un fake. Même si vous espérez qu’il soit vrai, devant la profusion de faux comptes, vous vous renseignez et vous tombez sur l’article du Post. Mince, c’est un fake. Non c’était un fake.
Il est grand temps que les politiciens comprennent les enjeux de l’identité numérique (voir cet article). Si pour l’heure le web les debecte, il faut qu’ils comprennent que ne pas y être, c’est la porte ouverte aux fakes en tout genre. Faux profils Facebook, faux comptes twitter… tous ces moyens de communication qui font que le discours sera perçu autrement car il ne va pas dans un sens, mais au contraire se base sur les valeurs de l’échange. Et si vous échangez des valeurs qui ne sont pas celles qu’attendent votre auditoire, forcément vous perdrez en crédibilité et en efficacité.
Dans cette jungle que sont les Médias Sociaux, plus que jamais les faux profils peuvent être une source d’ennuis. D’où la nécessité d’y être. Et si jamais vous ne souhaitez pas vous investir, nous vous conseillons d’utiliser soit un stagiaire, soit un professionnel de la communication publique.
La preuve est faite. Les journalistes investissent à l’aveugle le web et n’ont pas été éduqués pour détecter le vrai du faux.
Si pour l’instant ils ont en général évité la bourde dans la confusion fake / réel , les événements d’aujourd’hui tendent à prouver que le retard que prennent les politiciens dans ce domaine peut à terme leur être préjudiciable. Pourquoi pas un jour l’objet de contre propagande?
A lire aussi, cet article du post qui reprend l’affaire de a à z.










La guerre des Fake, un danger? Affaire Martine Aubry – http://bit.ly/b3Y3b
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http://bit.ly/b3Y3b La guerre des Fake, un danger pour l’e-reputation? Retour sur le cas Aubry
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