Check out the Latest Articles:
Etude Facebook et les politiciens

Suite à la parution de leur fameux top 100 « Des politiques français sur Facebook« , de nombreux journaux ont relayé l’information. Ces dernier ont aussi fait une synthèse et une analyse de ce qui pouvait ressortir de ces chiffres.

Si l’étude est intéressante, et mériterait d’être poussée aux autres médias (Twitter, Dailymotion…), les articles autour du sujet sont assez effrayant par ce qu’ils apportent. Décryptage de deux articles, l’un chez l’Express qui met en avant l’incapacité des directeurs de communication à comprendre que les réseaux sociaux sont un lieu d’échange, et l’autre chez les Echos.

L’Express met ainsi le doigt sur un phénomène simple :  « on est frappé par la faiblesse du nombre des supporters de responsables politiques français. » et soulève une vague réponse « Les internautes mettraient-ils plus de temps que les politiciens à apprivoiser Facebook comme une nouvelle arme de communication politique? « C’est un geste fort d’adhérer à la page d’un homme politique », suppose Vincent Ducrey. »

Le site d’information cite, pour justifier la pauvreté des pages pros « « Il y a une véritable pression sociale à l’immédiateté. Or les pages pro sont des lieux de diffusion de contenu contrairement aux profils perso destinés à l’échange, » se défend Vincent Ducrey, le conseiller web du gouvernement.».

Pour Buzzploitique, nous ne sommes pas tout à fait d’accord sur ces principes. Nous pensons que c’est plus dans la manière de gérer sa FanPage que vient le problème.

Ainsi, lorsque l’on regarde le compte de Nicolas Sarkozy, avec ses 200 000 supporters, on constate qu’il s’adresse directement à ceux-ci, avec la forme « Je », il y a un vrai dialogue. Si l’on va du côté de chez Obama, c’est carrément le « You », ou « vous », qui sollicite les fans.  Ce n’est pas les utilisateurs qui ont du mal à passer le cap, c’est le discours qui a du mal à s’adapter. Considérer une page pro comme un simple lieu de diffusion de contenus est faux.  C’est la vitrine de l’homme politique, au contraire du profil personnel qui lui est la vitrine de l’homme tout simplement.

Si l’on regarde les 5 profils suivants, on constate (à l’heure où nous écrivons ces lignes) :

  • Pour le deuxième, Mr Besancenot, son mur est vide, il n’y a que quelques photos, rien d’autre
  • Pour le troisième, Mr Chirac c’est plus de la sympathie, en témoigne son mur couvert d’éloges
  • Pour le quatrième,Mr Bayrou, ce ne sont que des vidéos, des phrases courtes et informelles, il ne parle pas de ses propres pensées, n’engage pas le dialogue avec ses supporters
  • Pour le cinquième, Mr Romero, il ne donne pas vraiment d’infos sur son programme, il n’est pas assez politique, et reste trop dans le personnel
  • Pou la sixième, le discours une fois encore est à la troisième personne, fait plus lettre d’information que véritable lieu d’échange

Pour Mr Sarkozy, ce que l’on remarque :

  • Les commentaires commencent à devenir important à partir du moment où il écrit « j’actualise mon profil avant le jeudi de l’Ascension avec mes dernières lectures »
  • Son discours est personnel, et est un mixte entre ressentiments personnels et politiques, avec des informations sur sa vie à l’Elysée

Même s’il est vrai que politique et utilisateurs, en France, ne sont pas encore des automatismes, il apparait évident que le dialogue et le discours, la manière de gérer sa FanPage échappent encore aux politiciens. Il en ressort deux points essentiels :

  • Le discours doit être direct. L’utilisation du « Je » ou du « Vous est déterminant dans l’établissement d’un dialogue. Les médias sociaux sont communautaires, ils ne sont pas un lieu où l’on va uniquement poser un discours. Web 2.0 = Echange, ne l’oubliez pas. Et la FanPage est tout aussi importante que le simple profil, voir plus.
  • Le discours doit être personnel, sans s’éloigner des chemins politiques. Parler de sa vie, comme l’a fait NKM avec l’annonce de sa grossesse (peut être allée loin là), sans pour autant oublier que l’on est avant tout une personnalité politique qui représente des idées

Autre point soulevé par l’Express, « Autre surprise, la popularité sur Facebook a peu à voir avec celle mesurée par les instituts de sondages », point que j’abordais dans un billet précédemment.

Ce point rejoint cette analyse « Au lendemain des élections européennes, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit ont vu le nombre de leurs supporters augmenter respectivement de 1135 et 900 personnes. », comme quoi, ce ne sont pas forcément les médias sociaux qui popularisent une personne mais plutôt la popularité d’une personne qui attire sur les médias sociaux.

Enfin, l’Express se permet de comparer le profil de Barrack Obama avec celui de Nicolas Sarkozy. Pour rappelle, Facebook c’est plus de 9 millions de Français, et les Etats-Unis 70 millions, soit 8.5% pour Barrack Obama et 2% pour Nicolas Sarkozy… ce n’est pas si mal que ça après tout.

Enfin, dernier point soulevé, la nécessité de devenir maître des contenus de sa page. Aussi, si Mr Besancenot ne souhaite pas la contrôler, car contraire à sa politique. Mais la laisser à des fans peut paraitre tout de même dangereux car le discours peut être biaisé, voire détourné, mal interprété. Prudence.

Sur les Echos, le journaliste cite « Deux sites, twittcongres.org pour les Etats-Unis et twittministers.co.uk pour la Grande Bretagne incitent le public à suivre leurs représentants. », qui, d’une part sont des adresses erronées (http://tweetminster.co.uk/ et http://tweetcongress.org/ source Bertrant Soulier) , mais qui n’ont vraiment rien à voir avec une étude qui parle de Facebook (ici des comptes Twitter).

Cependant, il démontre bien la stratégie que devrait avoir les politiciens. Ainsi, il prend pour exemple Mr Obama  « en demandant directement à ses fans d’exiger de leurs élus qu’ils soutiennent la réforme du système de santé américain. Plus de 1 million de personnes l’ont suivi, affirme-il, dans un de ses derniers messages. ». Pourquoi ne voit on pas ce genre d’initiative? Comme pour la loi d’Hadopi, où les politiciens qui étaient contre auraient du demander à leurs supporters de poster des lettres à leurs députés (ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres).

En conclusion, l’étude est à prendre avec du recul car comme le stipule ses auteurs dans les commentaires « il n’y a aucune garantie et d’ailleurs, certaines de ces pages sont totalement indépendantes du politique concerné (Olivier Besancenot par exemple) mais cela a peut d’importance puisque l’utilisateur de Facebook qui se déclare supporter de telle ou telle personnalité se soucie peu de savoir si ladite personnalité est à l’origine de cette page. C’est simplement une démarche de soutien et c’est cela que nous mesurons ! », cependant elle demeure instructive sur le discours à aborder, et sur la nécessité de contrôler sa page pro.

Enfin, elle met aussi en avant, par les articles qu’elle a suscité, l’incapacité des responsables de communication de créer une vraie dynamique (mise à part pour Nicolas Sarkozy) et à en comprendre les enjeux.

Share and Enjoy:


  1. [...] Etude Facebook et les politiciens [...]

  2. TOP 100 Politique on Mercredi 5, 2009

    Je découvre avec beaucoup de retard, mais néanmoins grand intérêt votre note !
    Bien cordialement !